Isabella Swan, 17 ans, déménage à Forks, petite ville pluvieuse dans l'Etat de Washington, pour vivre avec son père. Elle s'attend à ce que sa nouvelle vie soit aussi ennuyeuse que la ville elle-même. Or, au lycée, elle est terriblement intriguée par le comportement d'une étrange fratrie, deux filles et trois garçons. Bella tombe follement amoureuse de l'un d'eux, Edward Cullen. Une relation sensuelle et dangereuse commence alors entre les deux jeunes gens : lorsque Isabella comprend que Edward est un vampire, il est déjà trop tard.
Critiques du film
La critique de Studio
Réalisatrice de l'excellent "Thirteen", sur la dérive violente d'une jeune fille sage, Catherine Hardwicke est le choix idéal pour donner corps à ce roman. Car malgré la différence de budjet entre les deux projets, on retrouve le même regard précis sur l'adolescence.
Certes d'un point de vue plus adulte, "Twilight" pâtit de certaines concessions à la culture teenager. L'utilisation de la musique, l'abus de ralentis pour souligner les choses apparaissent comme autant de fautes de goûts. Mais malgré tout, on fiinit par se laisser emporter par le romanesque de l'ensemble et par l'interprétation tout en retenue de Robert Pattinson et de Kristen Stewart, et par ce parti pris de modestie des effets spéciaux, toujours au service de la scène. "Twilight" n'a rien du film tape à l'oeil et cette humilité là concourt de manière évidente au charme qui s'en dégage.
Thierry Cheeze, Studio n°253 janvier 2009
La critique de Comme au cinéma
Le phénomène Twilight vous est peut-être passé par dessus la tête ces derniers mois, mais ça ne va pas durer. Après avoir cartonné en librairies, c'est tout naturellement qu'Hollywood a mis le grappin sur la série de livres à succès pour en faire une franchise. Le public visé est bien sûr celui de la saga littéraire (à savoir jeune et féminin), mais aussi au-delà.
L'histoire est celle de Bella, une jeune adolescente un peu marginale qui vient d'emménager dans une ville paumée des Etats-Unis. Sa vie banale se voit bousculée lorsqu'elle se prend d'émoi pour un jeune homme ténébreux au charme vampirisant. Aux commandes du film, une femme, Catherine Hardwicke, qui a apporté la touche féminine dont l'histoire avait besoin sans toutefois tomber dans le niaiseux. La mise en scène fait un peu téléfilm et manque d'audace et de caractère, mais le tout est fort bien rythmé. La photographie est de plus très jolie, à la fois sombre et humide.
Côté casting, Kristen Stewart s'en sort très bien dans la peau de Bella et porte le film sur ses frêles épaules. Face à elle, le jeune premier et prometteur Robert Pattinson s'en tire avec les honneurs. Son interprétation d'Edward Cullen tiraillé par ses sentiments et ses pulsions meurtrières est des plus convaincantes. Seul le bad guy du lot, Cam Gigandet, est assez ridicule en fronçant les sourcils pendant tout le film. Alors oui, les scènes d'action ne sont pas tout à fait maîtrisées et les effets visuels sont ratés, mais le film se rattrape sur le plan des émotions avec de très belles scènes.
La critique de Libération
Peut-on avoir des rapports sexuels sains avec un vampire ? C'est un peu la question à peine implicite qui traverse Twilight, le film qui a créé la surprise au box-office américain en capitalisant sur l'énorme succès de la série romanesque de Stephenie Meyer.
Cette adaptation n'a pas bénéficié de l'appui d'un gros studio et a été montée pour 30 millions de dollars (22 millions d'euros) par des producteurs indépendants. Cette économie ric-rac se ressent dans les effets spéciaux, qui ne peuvent rivaliser avec les blockbusters, mais le film y gagne un certain charme série B.
Sous-titré Chapitre I : Fascination (la suite est déjà en tournage), Twilight raconte comment une adolescente introvertie, Bella Swan, tombe folle amoureuse d'un type du lycée, Edward Cullen, beau gosse à la peau anormalement pâle. Cullen est mort depuis longtemps, ressuscité vampire anorexique (et/ou végétarien), éternellement jeune, qui refuse désormais de pomper le sang des humains.
Pour la jeune fille commence un flirt particulièrement dépaysant puisqu'elle est emportée dans les airs aux bras de son petit ami. Toute la tension du film repose sur la viabilité de cette idylle entre une vivante et un mort-vivant. Ici, la capacité du garçon à se retenir de se jeter sur la jeune fille pour la mordre est une manière plutôt habile d'érotiser au maximum la rencontre tout en plaidant pour la tempérance des passions.
Le film peut se voir comme un paradoxe typiquement américain : le croisement entre l'obsession sexuelle et un puritanisme chaste. Twilight milite pour un nouveau romantisme à l'heure où les gamins postent sur XTube leurs ébats avec une décontraction hallucinante.
Paru dans Libération du 7 janvier 2009